John Dodelande présente Ai Wei Wei, artiste chinois libre

A tout juste 29 ans, l’entrepreneur français John Dodelande est en tête d’affiche de la nouvelle génération de collectionneurs d’art. Son carnet d’adresses recherché et son CV impressionnant lui ont permis de collectionner et de promouvoir l’art contemporain chinois depuis 2008. Sa grande fierté : pouvoir travailler de manière totalement indépendante des autres acheteurs, ce qui lui permet de développer des relations privilégiées avec des galeries à travers la Chine qui lui donnent la possibilité d’être, comme il le dit lui-même: « libre et indépendant, à la fois dans mes choix et dans ma façon de faire ». Cette liberté et ouverture d’esprit mène notre homme d’affaire à des endroits insoupçonnés… Aujourd’hui, il présente des artistes chinois éclectiques, tels qu’Ai Wei Wei, à Tbilissi ! On découvre…

John Dodelande : un parcours atypique et une curiosité à toute épreuve

« Je ne viens pas d’une famille de collectionneurs. J’ai été élevé pour être curieux de tout – les voyages, les gens, l’art… Je n’avais pas qu’un seul mentor, j’en ai eu plusieurs, et ils étaient très importants pour moi. En particulier, Jean-Marc Decrop, qui m’a initié à l’art chinois contemporain. Sans lui, je n’aurais jamais eu accès à ce marché. Jérôme Sans était également important pour moi, il m’a toujours soutenu et conseillé. »

J. Dodelande a lancé sa propre entreprise à un âge précoce. « J’ai commencé à travailler quand j’avais 17 ans. Très tôt, je savais que ma personnalité était celle de quelqu’un qui avait besoin d’être très actif. Bien que je ne rejette pas le travail scolaire, ce que je voulais vraiment faire était de commencer ma carrière, de m’impliquer dans des choses réelles et tangibles. J’étais impatient. Je crois à l’apprentissage par la pratique. Cela dit, je rejette le cliché du self-made man, car on ne fait jamais rien tout seul – on apprend de ses rencontres avec les autres, de ses partenaires, de ses succès et, plus encore, de ses échecs ».

Au fil des ans, notre homme a appris à investir dans des projets prometteurs créés par des artistes renommés et émergents et a commencé à collaborer avec des galeries. « Aujourd’hui, il y a certaines galeries, notamment en Chine, avec lesquelles j’ai des relations privilégiées. Je ne suis attaché à aucun groupe d’acheteurs. Je suis libre et indépendant, à la fois dans mes choix et dans ma façon de faire », explique-t-il. Bien inspiré, il a pu soutenir des artistes chinois de la dernière génération dont les œuvres sont actuellement exposées à Tbilissi.

Tbilissi, point de départ de l’exposition « Constellation »

« Nous avons choisi la Géorgie comme point de départ pour notre projet à grande échelle à travers l’histoire et la tradition de l’ancienne Route de la soie, mais avec un point de vue contemporain. La route de la soie est un pont incontesté entre la Chine et la Géorgie, nous avons donc pensé que c’était une excellente idée de lancer l’exposition ici à Tbilissi. Nous espérons que cela contribuera également à créer un dialogue entre les Chinois et les Géorgiens. Les œuvres seront exposées jusqu’à la mi-septembre, puis l’exposition se rendra en Azerbaïdjan et au Kazakhstan », explique Dodelande. « Je tiens également à dire que la commissaire Ami Barak a fait une brillante sélection d’artistes pour cette exposition. Trois de ces œuvres de ces artistes seront présentées au Musée Guggenheim de New York, ce qui est une grande première. « 
Pour J. Dodelande, la Géorgie s’est également avérée être un bon endroit pour gérer son entreprise. Il a découvert le pays il y a près de 10 ans lorsqu’il a rendu visite à son ami Jean Frederic Paulsen, un homme d’affaires français basé au pays. « J’ai tout de suite aimé ce pays. Tbilissi est bien situé si vous voulez faire des voyages à la fois en Asie et en Europe ».

Ai Wei Wei : symbole d’une génération d’artistes chinois libres

La galerie nationale Dimitri Shevardnadze de Tbilissi, en Géorgie, est le lieu choisi par le collectionneur pour son exposition « Constellation », où l’un de ses artistes préférés, Ai Wei Wei, a été présenté. On pourrait se demander comment un jeune collectionneur d’art français se retrouve à représenter un artiste chinois lors d’une exposition en Géorgie ? Dans le cas de John Dodelande, son aventure artistique découle de sa curiosité. C’est aussi l’histoire d’une affinité avec un certain Ami Barak, conservateur d’art et critique reconnu, qui au fil du temps est devenu un ami.

« Constellation » a été conçue pour être une vitrine des artistes contemporains chinois qui influencent la scène artistique à travers le monde. Ai Wei Wei fait clairement partie de cette nouvelle génération d’artistes chinois qui transcende la politique de son pays d’origine pour proposer une autre vision et une critique intelligente de la société moderne. Les pièces exposées dans la galerie nationale Dimitri Shevardnadze de Tbilissi ont été soigneusement sélectionnées auprès de nombreux collectionneurs en Europe, au Kazakhstan et en Chine. En choisissant un mélange très éclectique d’œuvres d’artistes comme Ai Wei Wei, Hu Xiaoyuan ou encore Liu Wei, John Dodelande a souhaité mettre en avant le dynamisme de la scène actuelle de l’art contemporain chinois. Il justifie le nom de son exposition « Constellation » par cette réunion improbable d’étoiles de la scène artistique contemporaine chinoise réunies dans une seule exposition.